Excès de vitesse : comprendre les sanctions et savoir quand et comment contester

Excès de vitesse

En France, les excès de vitesse représentent presque trois quarts des infractions routières. Il s’agit d’une infraction sanctionnée par un retrait de points, une amende avec un montant qui va crescendo avec la gravité de l’excès de vitesse. Que dit le code de la route sur le sujet ?

Les points perdus lors d’un excès de vitesse

Tout est dit dans l’article R413-14 du Code de la Route, modifié par décret en 2004. C’est dans cet article que sont fixées les sanctions des excès de vitesse. Vous devez savoir tout d’abord que la vitesse retenue pour qualifier l’excès de vitesse n’est pas celle affichée par un radar. Une marge d’erreur est appliquée, en fonction de la vitesse du véhicule. La loi distingue 2 situations précises :

  • si la vitesse réelle du véhicule est inférieure à 100 km/h, la marge d’erreur appliquée automatiquement sera de 5km/h. Dans le cas où vous êtes pris par un radar à 60 km/h, la vitesse finale retenue sera alors de 55 km/h.
  • Dans le cas contraire, c’est-à-dire un flash à plus de 100 km/h, c’est alors 5% de marge d’erreur seront appliquées.

Quid de l’excès de vitesse chez les jeunes conducteurs ?

Pour les jeunes conducteurs, il existe une disposition spécifique quant à la limite de vitesse à ne pas dépasser:

  • Sur autoroute, ils ne doivent pas dépasser les 110 km/h.
  • Pour la circulation sur les routes à chaussées séparées, ils ne peuvent dépasser les 100km/h.
  • Enfin sur les routes, ils sont tenus de respecter la limite de 80 km/h.

À noter: en période probatoire, un excès de vitesse entraînant un retrait d’au moins trois (3) points impose un stage obligatoire de sensibilisation à la sécurité routière, à effectuer dans un délai de quatre (4) mois. Ce stage est à la charge du conducteur et le non‑respect de cette obligation peut entraîner la suspension du permis de conduire. Mais ce stage permet aussi de solliciter le remboursement de l’amende payée, il n’est donc pas à négliger.

Exemple : un conducteur en période probatoire est intercepté à 160 km/h au lieu de 110 km/h sur autoroute. Il s’agit d’un grand excès de vitesse (≥ 50 km/h) et donc d’un délit, assorti d’un retrait de six (6) points, d’un risque de suspension du permis, d’un stage obligatoire de sensibilisation et d’une inscription au casier judiciaire, avec des conséquences importantes sur sa mobilité et parfois sa vie professionnelle.

Votre situation est-elle vraiment sans solution ?

Chaque excès de vitesse a ses spécificités : type de radar, circonstances du contrôle, statut du conducteur, impact sur le permis ou la vie professionnelle. Dans certains cas, une analyse juridique permet d'envisager une contestation ou d'en limiter les conséquences.

Les sanctions auxquelles vous attendre en cas d’excès de vitesse

Elles varient en fonction de la gravité de l’infraction.

Inférieur à 20 km/h

Pour un excès de vitesse en dessous de 20 km/h, le risque est de perdre 1 point sur votre permis de conduire. Et en plus de ce retrait de point, vous allez devoir vous acquitter d’une amende :

  • 68€ pour une vitesse maximum autorisée supérieure à 50 km/h. Par exemple, prendre l’autoroute à 145 km/h. Ce qui correspond alors à un dépassement modéré des limites de vitesse (un petit excès de vitesse).
  • 135€ pour une vitesse maximum autorisée inférieure à 50 km/h. Lors d’une circulation en milieu urbain concrètement. Il s’agit d’une sanction « standard » pour des excès modérés en ville.
  • Et si vous payez votre amende dans les 15 jours suivants l’infraction, elle sera minorée à 90€. Dans le cas contraire, la somme sera portée à 375€ en cas de paiement tardif.

Entre 20 et 29 km/h

Les sanctions vont par paliers. Dans cette tranche-là :

  • Vous êtes passible d’un retrait de deux (2) points sur votre permis de conduire.
  • Le tout assorti d’une amende forfaitaire de 135€.

Exemple concret : vous êtes flashé à 62 km/h au lieu de 50 km/h en ville. Après application de la marge technique, la vitesse retenue est de 57 km/h. Vous basculez alors dans la tranche de 20 à 29 km/h au‑dessus de la limite, avec une sanction de deux (2) points retirés sur votre permis et une amende forfaitaire de 135 €.

Entre 30km/h et 39 km/h

Vous risquez un retrait de trois (3) points et une amende forfaitaire de 135 €.En cas de jugement, ce qui est rare si aucune infraction connexe n’est relevée, le juge peut vous imposer, à vos frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière. La suspension du permis, pouvant aller jusqu’à trois (3) ans, est aussi une possibilité, mais elle est décidée au cas par cas, et non une sanction automatique.

Entre 40 et 49 km/h

Dans ce cas de figure, la sanction est un retrait de quatre (4) points et une amende forfaitaire de 135 €. Mais attention, les forces de l’ordre peuvent ici procéder à la rétention immédiate de votre permis de conduire et la préfecture peut le suspendre pour une durée de 6 mois maximum. En cas de comparution devant le tribunal de police, le juge peut vous imposer, outre la peine principale d’amende, un stage de sensibilisation à la sécurité routière et décider d’une suspension du permis pouvant aller jusqu’à trois (3) ans. Il s’agit de sanctions possibles, prononcées en fonction des circonstances de l’infraction, et non d’une conséquence systématique.

Un excès de vitesse supérieure à 50 km/h

Depuis le 29 décembre 2025, un excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h au‑dessus de la limite autorisée est désormais qualifié de délit, et non plus de simple contravention de 5e classe, même en cas de première infraction. Cette infraction entraîne un retrait de six (6) points sur le permis de conduire, une amende pouvant atteindre 3 750 €, une éventuelle peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 3 mois, ainsi qu’une inscription au casier judiciaire. En pratique, une amende forfaitaire délictuelle de 300 € (minorée à 250 €) est souvent proposée, mais le parquet peut décider de poursuivre l’automobiliste devant le tribunal correctionnel, lequel peut prononcer des sanctions plus lourdes. Le juge peut aussi ordonner, à vos frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière, la confiscation du véhicule, ainsi que la suspension ou l’annulation du permis de conduire pour une durée pouvant aller jusqu’à trois (3) ans, sans aménagement possible dans les cas les plus graves.

En cas de récidive de grand excès de vitesse, les peines peuvent être sensiblement alourdies, avec un risque accru d’emprisonnement, une amende plus élevée et une confiscation du véhicule beaucoup plus probable. La récidive est particulièrement scrutée par les tribunaux, surtout lorsque l’activité professionnelle du conducteur implique une conduite fréquente.

Dans tous les cas d’excès de vitesse, le retrait de point aura lieu dès l’enregistrement par l’administration du paiement de l’amende, de l’émission d’un amende forfaitaire majorée ou d’une décision de justice devenue définitive (ordonnance pénale, composition pénale ou jugement du tribunal de police ou correctionnel).

Les recours pour contester un excès de vitesse

Il arrive parfois de rouler un peu plus vite que la normale ou de recevoir une contravention à la suite d’un flash radar alors que vous n’étiez pas au volant. Ce sont des cas qui méritent que l’on y prête attention. Vous êtes en mesure de contester votre contravention si vous pensez que vous n’avez pas commis ce qui vous est reproché.

Comment faire ?

La première étape demeure la rédaction d’un courrier dans lequel vous allez expliquer et détailler les circonstances de votre excès de vitesse.

Envoyez la lettre à l’officier du Ministère Public , vous allez pouvoir trouver l’adresse sur votre procès-verbal.

Attention, contester un PV pour un excès de vitesse se fait dans des délais assez courts:

  • 45 jours à la suite de la réception de l’amende forfaitaire
  • 30 jours après réception de l’avis d’amende forfaitaire majorée

Si vous dépassez ces délais, aucun recours n’est plus possible en théorie. Mais il existe de rares situations où la contestation de l’amende forfaitaire reste possible en dehors de ces délais, Ill s’agit toutefois de recours très techniques pour lesquels l’assistance d’un avocat hautement qualifié en droit routier est indispensable.

Dans certains cas, une consignation, c’est‑à‑dire le versement provisoire d’une somme équivalente au montant de l’amende, est demandée pour que la contestation soit recevable. Cette consignation n’emporte pas reconnaissance de culpabilité : elle permet simplement au dossier d’être examiné.

Pour contester, vous devez de préférence utiliser le formulaire joint à l’avis de contravention ou la procédure en ligne indiquée sur l’avis de contravention, plutôt qu’un simple courrier libre, et obligatoirement joindre l’original de l’avis de contravention. Votre contestation doit être motivée sous peine d’être jugée irrecevable.

La démarche diffère selon que vous contestez la réalité de l’infraction ou que vous désignez un autre conducteur : dans le premier cas, vous contestez être l’auteur ou la matérialité des faits ; dans le second, vous indiquez l’identité de la personne qui conduisait effectivement le véhicule au moment de l’infraction.

Une fois la lettre envoyée, vous serez confronté à deux situations bien précises.

Contestation d’un PV reçu à domicile

Vous contestez être le conducteur du véhicule. Dans le cas où votre requête aboutit, aucun point ne sera retiré de votre permis. Mais vous serez toujours tenu de payer une amende en votre qualité de propriétaire responsable du véhicule, sauf bien sûr si vous fournissez l’identité du conducteur au moment des faits (lequel recevra alors l’avis de contravention à son nom).

Contestation d’un PV suivant une interpellation

Un cas avec une chance plus faible de pouvoir contester. Et qui peut parfaitement aboutir à une amende encore plus salée ! Disons-le de suite: dans ce cas de figure, très peu de demandes de contestation arrivent au bout. Vous devez alors saisir le tribunal et avoir recours à un avocat spécialiste des excès de vitesse pour vous défendre dans les cas complexes (grand excès, récidive, contexte professionnel).

Les excès de vitesse ne se résument pas à une simple amende : ils peuvent entraîner des retraits de points, une suspension du permis, voire des poursuites pénales en cas de grand excès ou de récidive. En comprenant précisément les barèmes, la procédure et vos recours, vous êtes mieux armé pour assumer les conséquences de votre infraction, contester lorsque cela est justifié et protéger au mieux votre permis de conduire.

Vos questions fréquentes sur l'éxces de vitesse

Un excès inférieur à 20 km/h entraîne généralement 1 point de retrait et une amende forfaitaire (68 € hors agglomération, 135 € en ville, avec montants minoré et majoré possibles). La sanction reste contraventionnelle, sans passage au tribunal, mais les points s’additionnent rapidement si les infractions se répètent.
Depuis le 29 décembre 2025, un excès de vitesse de 50km/h ou plus est un délit : jusqu’à 3 mois de prison, 3 750 € d’amende, 6 points, casier judiciaire, suspension ou annulation du permis et possible confiscation du véhicule. En pratique, une amende forfaitaire délictuelle de 300 € est souvent proposée, mais un passage au tribunal reste possible.
Pour les excès inférieurs à 50 km/h, le traitement se fait en général par amende forfaitaire, sans audience, ou par voie de composition pénale pour les excès entre 40 et 50km/h. Pour un grand excès de vitesse, le parquet peut soit proposer une amende forfaitaire délictuelle, soit engager des poursuites devant le tribunal correctionnel, notamment en cas de récidive ou de circonstances aggravantes.
Les points peuvent être récupérés automatiquement après un certain délai sans nouvelle infraction ( récupération de 1 point au bout de 6 mois pour les excès de vitesse de moins de 20km/h). A l’issue d’un délai de 2 ans sans infraction vous récupérez 12 points sur votre permis, délai porté à 3 ans en cas d’infraction grave ( 4e et 5e classe ou délit).Vous pouvez également récupérer des points plus rapidement via un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce stage permet de regagner jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond de votre permis, et peut être obligatoire pour les conducteurs en période probatoire après certains excès. Pour ces derniers des règles spécifiques s’appliquent pour la reconstitution de leur capital de point.
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Maitre Maïta Polycarpe

Avocate en droit routier et automobile inscrite au barreau de Chambéry, j'interviens sur les tribunaux d'Auvergne-Rhône-Alpes pour défendre vos droits avec rigueur et détermination.

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